Café économique : paru sur d’autres blogs…

mars 29, 2007

Aujourd’hui, petite pause dans les programmes des candidats, suite à la lecture d’un article qui m’a conduit à quelques questionnements !

La remise à plat du système des retraites est-elle si simple ? Est-il possible de mener à bien une réforme globale des retraites ?

N’est-il pas plus tentant pour un politique d’éviter le débat et les risques de mobilisation sociale en faisant passer des réformettes à la marge : allongement de la durée de cotisation, taux de cotisation… ?

Est-ce que l’espérance de vie doit seule refléter la pénibilité ? Dans ce cas, les femmes devraient-elles travailler plus longtemps que les hommes ?

Le progrès d’une société ne serait-il pas d’avoir une vie après la vie active ?

Voici un extrait de cet article de Guy Laroque (directeur du laboratoire de macroéconomie du CREST) paru sur le blog Telos en février 2007 : “retraites : il faut distinguer assurance et redistribution“.

Lisez la suite de cette entrée »


Ce qu’en disent les politiques 3…

mars 28, 2007

Aujourd’hui je continue avec les programmes des candidats à la Présidence avec ceux de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy.

Des oppositions marquées : l’âge du départ à la retraite, la réforme Fillon, la négociation sociale…

Mais qui cachent de grands flous…

Ségolène Royal

  • Abrogation de la loi Fillon de 2003.
  • Financement par des cotisations assises sur l’ensemble de la richesse produite.
  • Assurer la pérennité de notre système de retraite par répartition avec les partenaires sociaux.
  • Assurer un niveau minimal de pension garantie qui devra s’approcher du SMIC.
  • Ouverture des négociations pour définir le mode de financement des régimes sociaux.
  • Assurer de meilleures possibilités de choisir son départ à la retraite.
  • L’amélioration des petites retraites sera la première priorité de la réforme des retraites. Elles seront augmentées de 5%.
  • Ouvrir avec les partenaires sociaux une large négociation portant notamment sur la fixation d’un minimum de pension garantie s’approchant du SMIC, la revalorisation des petites retraites, la prise en compte du travail pénible et des charges de famille, l’augmentation de l’emploi des seniors, le mode de financement des régimes spéciaux, la remise à niveau du fonds de réserve des retraites.
  • Retraites versées chaque mois et non plus par trimestres.

Nicolas Sarkozy

  • Conserver et conforter la loi de 2003 car elle seule permet de sauver le régime des retraites par répartition.
  • Permettre à chacun de choisir l’âge de son départ à la retraite, en laissant aux mécanismes de surcote et de décote le soin de réguler les conséquences de ces choix sur le financement des régimes de retraite, et libérer totalement le cumul emploi-retraite.
  • Réformer les régimes spéciaux de retraite dans un souci de justice et d’équité afin que chacun prenne sa part de l’équilibre des régimes de retraite. La négociation commencera tout de suite : il faudra être prêt pour 2008, date à laquelle la loi Fillon prévoit une nouvelle discussion.
  • Poursuivre l’oeuvre d’équité engagée par la loi de 2003 sur les retraites en revalorisant la situation de certaines professions ou de certaines catégories de personnes devant les régimes de retraite (femmes, parents au foyer, agriculteur, artisans…).
  • Réserver les régimes de « retraite chapeau » et « golden parachute » aux dirigeants d’entreprise qui prennent des risques.

La suite demain…


Ce qu’en disent les politiques 2…

mars 27, 2007

Aujourd’hui : Olivier Besancenot, José Bové et Marie-George Buffet…

Olivier Besancenot

  • Annulation des mesures Balladur de 1993, de celles sur les caisses complémentaires de 1996, de la loi Fillon de 2003.
  • Un seul régime de retraite, 37,5 annuités, et droit à retraite pleine et entière garantie à 60 ans et moins pour tous les métiers pénibles.
  • Taux de remplacement à 75 % du dernier meilleur salaire, et en tout cas pas de retraite inférieure au Smic, indexation des pensions sur les salaires.

José Bové

  • Pas de retraite en dessous du SMIC. Nous rétablirons le droit à la retraite à taux plein à 60 ans sur la base de 37,5 annuités sur la base des 10 meilleures années. L’atteinte de ces 37,5 annuités avant l’âge de 60 ans donne le droit à la retraite à temps plein [Débat : Les années d’étude après bac seront-elles prises en compte.].
  • Nous préserverons les acquis des régimes spéciaux en tant que référence progressiste pour l’ensemble des régimes de retraite.

Marie-George Buffet

  • Le droit à la retraite à 60 ans rétabli.
  • Le montant de la pension doit être garanti à 75% du salaire brut moyen des dix meilleures années pour les salariés du privé.
  • Une nouvelle réforme doit être mise en chantier, permettant notamment la retraite à 55 ans pour les travaux pénibles et insalubres.
  • Le financement de ces mesures peut être assuré par une nouvelle politique d’emplois et une mise à contribution des revenus financiers du capital, notamment des entreprises, au même taux que les salaires.

La suite demain…


Ce qu’en disent les politiques…

mars 26, 2007

Notre objectif est de replacer le débat économique parmi les gens. Il me semble donc intéressant de ne pas faire abstraction des propositions principales des candidats sur les thèmes que nous abordons.

J’en profite donc pour créer la rubrique ce qu’en disent les politiques…

Nous abordons la question des retraites sous différents angles. Une réforme des retraites est programmée pour 2008. Que disent les candidats sur cette réforme à venir ? Que peut apporter la théorie économique aux programmes politiques sur les retraites ? Des visions différentes se dégagent entre les programmes.

Deux questions se posent au-delà :

1/ dois-je présenter les programmes des principaux candidats ou de toutes et tous les candidats ?

Il me semble important, dans un souci de débat ouvert, de présenter toutes les propositions plutôt que de spéculer sur le second tour et de tomber dans le jeu médiatique réducteur (pour éviter ça !!). Mais afin de ne pas être long, je le présenterai en plussieurs articles !

2/ Quelles sont les sources des programmes ? Je me réfère ici au site vOtons.info. Il s’agit d’un travail de quelques étudiants qui font une synthèse par thème des programmes des candidats (pour plus de précision du la méthode employée : c’est ici).

Aujourd’hui : François Bayrou…

François Bayrou

  • Mettre en place pour tous une “retraite par points”, c’est-à-dire un système par répartition, (applicable au public comme au privé), complétée par une bonification (femmes ayant élevé des enfants, métiers pénibles, travailleurs décidant d’aller au-delà de l’âge légal.
  • Gérer le régime de base paritairement.
  • Instaurer une retraite minimale (égale à 90% du SMIC).
  • Corriger progressivement les inégalités non justifiées entre le public et le privé (calcul de la retraite, pension de réversion).
  • Mettre en extinction des régimes spéciaux, les nouveaux entrants étant soumis aux règles de droit commun (retraite par points).
  • Poursuivre la réforme des retraites, en y incluant les régimes spéciaux, et de la soumettre à référendum.

La suite demain…


Café économique : la phrase du jour…

mars 25, 2007

Pour revenir sur les inégalités entre les femmes et les hommes sur le marché du travail suite au graph du jour du 21 mars, voici un extrait du rapport Les inégalités entre les femmes et les hommes : les facteurs de précarité de l’Observatoire de la parité réalisé par Françoise Milewski, Sandrine Dauphin, Nadia Kesteman, Marie-Thérèse Letablier, Dominique Meda et remis à Madame Catherine VAUTRIN, Ministre de la cohésion sociale et de la parité en 2005 (édité à la documentation française).

Extrait de la conclusion du chapitre 1, “les inégalités sur le marché du travail : facteurs de précarité” (page 33)

.

“Les caractéristiques des emplois et les trajectoires jouent un rôle majeur dans la précarité, vécue ou potentielle. Ces caractéristiques sont essentielles en termes de continuité de l’insertion. Or les frontières de l’emploi et du sous-emploi, de l’activité et de l’inactivité sont fluctuantes pour nombre de femmes, en particulier pour les plus jeunes et les moins qualifiées d’entre elles. Les CDD, les temps partiels contraints et les dispositifs d’attente concernent le plus souvent les femmes, et sont moins pour les femmes que pour les hommes un mode d’insertion vers l’emploi durable. Les situations intermédiaires sont nombreuses. Les faibles qualifications et l’emploi discontinu vont de pair avec les interruptions d’activité plus fréquentes lors de la naissance des enfants et donc les difficultés accrues de réinsertion. On est là au cœur de la précarité, c’est-à-dire d’emplois instables et mal rémunérés, et d’une relation lâche et discontinue au marché du travail, qui se reflète au bout du compte dans le niveau futur des pensions de retraites. Ainsi, seul l’accès à un emploi de qualité crée une relation stable au marché du travail, qui permet de ne pas basculer vers la précarité, tout particulièrement après une rupture familiale ou un veuvage, quand se cumulent plusieurs facteurs défavorables.”

Le graph du jour… vient compléter en donnant quelques chiffres.


Café économique : le graph du jour…

mars 25, 2007

Pour compléter le post ci-dessus

Les femmes sont plus exposées au travail à temps partiel, aux contrats à durée déterminée, aux interruptions de carrière que les hommes.

Les secteurs d’activité sont également marqués par les différences de genre : les taux de féminisation diffèrent fortement d’un métier à l’autre. Les métiers fortement féminisés sont souvent jugés comme plus faiblement qualifiés.

Le graphique 1 présente les taux de féminisation des 10 secteurs employant le plus de femmes. Ces 10 secteurs emploient 30 % des femmes en âge de travailler sur le territoire français en 2002.

Le graphique 2 complète le graphique 1. Il présente les taux de féminisation par secteur dans l’industrie en 1998.

Le graphique 3 présente les écarts de rémunération annuelle moyenne brute en 2002 par secteur entre les femmes et les hommes, permettant de mettre en relation les secteurs fortement féminisés et les plus faibles salaires des femmes.

(cliquer sur les graphs pour les agrandir)

Graphique 1 : Nombre de personnes par sexe dans les 10 secteurs employant le plus de femmes en 2002

retraites-24-03-07a.jpg

Note : le graphique est réalisé à partir de données de l’enquête emploi de INSEE. Source : Françoise Milewski, Sandrine Dauphin, Nadia Kesteman, Marie-Thérèse Letablier, Dominique Meda (2004), “Les inégalités entre les femmes et les hommes : les facteurs de précarité“, édition la découverte.

Graphique 2 : La féminisation dans les secteurs industriels (en %)

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Note : graphique tiré de “l’emploi industriel : les femmes aussi“, SESSI, n°145, avril 2001.

Graphique 3 : Les écarts de rémunération annuelle moyenne brute en 2002 par secteur entre les femmes et les hommes

retraites-24-03-07c.jpg

Note : graphique construit à partir de données de l’enquête emploi de l’INSEE disponibles ici.


La date du prochain café économique

mars 22, 2007

Le premier café économique aura lieu le jeudi 12 avril
au Manhattan à partir de 19h30.

Le thème du débat : les retraites !

L’introduction sera faite par Jean-Louis Guerin.

Jean-Louis Guerin est économiste au BIPE. Il a publié de nombreux articles dans deux principaux axes de recherche : le commerce international et les retraites. Il a notamment publié :

  • (2007), “Comment inciter les seniors à poursuivre le travail ? Quelques réflexions sur les mécanismes de surcote”, paru dans Les retraites : libres opinions d’experts européens, sous la direction de Florence Legros, Eds. Economica.
  • avec Florence Legros (2003), “Les retraites“, Eds Le Cavalier Bleu, Collection idées reçues.
  • (2003), “Le financement des retraites face au vieillissement de la population”, paru dans Comprendre l’économie 2 – Problèmes et débats contemporains sous la direction de Benoît Ferrandon, Cahiers français n° 317, La documentation française.

Je mettrai en ligne dans les jours qui viennent une brève présentation de la problématique sur les retraites.

Afin de pouvoir évaluer le nombre de personnes intéressées pour venir le 12 (et d’aider le propriétaire et les serveurs du café ;) ), vous serait-il possible de laisser un commentaire ci-dessous ou de nous envoyer un mail.


Café économique : paru sur d’autres blogs…

mars 21, 2007

Concernant les inégalités de genre, je vous signale un article sur éconoclate qui résume un travail d’un travail de recherche de Muriel Niederle et Lise Vesterlund sur “les femmes se lancent-elles moins dans la compétition ? Les hommes concourent-ils trop ?

J’en profite donc pour lancer une nouvelle rubrique proposant des articles économiques parus sur d’autres blogs.


Café économique : le graph du jour…

mars 21, 2007

Afin d’apporter quelques éléments de réponse complémentaires aux discussions sur les inégalités entre les hommes et les femmes à la retraite, notamment au sujet des différences de trimestres de cotisation, je reviens aujourd’hui sur les inégalités de genre sur le marché du travail.

Les femmes sont moins présentes sur le marché du travail que les hommes. Elles sont plus victimes d’interruptions de carrière, du chômage, de contrats à durée déterminée et du travail temporaire. Elles ont en moyenne un salaire inférieur à celui des hommes.

Les deux premiers graphiques présentent les taux d’activité par sexe et par âge en 1999 et 2005. Le taux d’activité mesure la part des actifs de la classe d’âge dans la population totale de cette classe d’âge, c’est-à-dire les personnes qui ont un emploi ou qui sont à la recherche d’un emploi.

Les deux graphiques suivants présentent les taux de chômage par sexe et par âge en 1999 et en 2005, c’est-à-dire la part des demandeurs d’emploi dans la population active par classe d’âge.

Enfin le dernier graphique représente le salaire net horaire par âge et par sexe dans l’industrie. Bon d’acc, la seule considération de l’industrie dans les différences de salaire n’est pas parfaite pour percevoir l’inégalité de salaire hommes-femmes : les femmes travaillent plus que les hommes dans les secteurs des services, et les salaires n’y sont pas forcément identiques. Je reviendrai sur les différences de métiers et de secteurs entre les hommes et les femmes dans un prochain post.

(cliquer sur les graphs pour les agrandir)

Graphique 1 : taux d’activité par tranche d’âge et par sexe en 1999 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir les enquêtes sur l’emploi de l’INSEE.

Graphique 2 : taux d’activité par tranche d’âge et par sexe en 2005 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir les enquêtes sur l’emploi de l’INSEE.

Graphique 3 : taux de chômage par tranche d’âge et par sexe en 1999 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir le recensement de 1999.

Graphique 4 : taux de chômage par tranche d’âge et par sexe en 2005 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir les enquêtes annuelles de recensement de l’INSEE.

Graphique 5 : Salaire net horaire par âge et par sexe dans l’industrie en 2003 (en euros)

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Note : pour plus de détails, voir Fiche 34 : structure des salaires dans l’industrie manufacturière du Ministère de l’industrie, source INSEE.


Café économique : la phrase du jour…

mars 19, 2007

Les différences de durée de cotisation entre les hommes et les femmes sont importantes (voir le graphique 3 de l’article précédent) : en 2004, en moyenne, 169 trimestres (soit plus de 42 ans) pour les hommes, contre 119 trimestres (soit moins de 30 ans) pour les femmes, selon l’INSEE.

L’écart représente donc 12 années de cotisation.

Ces écarts ont des conséquences non négligeables sur inégalités entre les hommes et les femmes à la retraite car le système de retraite privilégie des carrières complètes. Une durée de cotisation raccourcie provoque une réduction plus que proportionnelle de la pension de retraite.

Ainsi, si l’on allonge la durée de cotisation, ne risque-t-on pas en même temps d’accroître ces inégalités et d’augmenter le nombre de femmes ne percevant que le minimum retraite ? Les femmes ne seront-elles pas contraintes de travailler à des âges plus avancés que les hommes pour d’approcher d’une carrière complète ? En même temps est-il possible de maintenir l’âge de la retraite à 60 ans, alors que la question porte également sur le financement des retraites et l’augmentation de la part de la population dépendante ?