Graph du jour…

Le graph du jour aborde le débat actuel sur la dette.

Le graphique du haut présente l’évolution, en milliards d’euros, de la dette :

– publique totale française sur la courbe noire, échelle de gauche ;

– de sécurité sociale (maladie, accidents, retraites…) sur la courbe rose, échelle de droite.

 

En relation avec les retraites : comment financer les retraites, alors que la part de la population dépendante augmente et que la dette publique s’accroît ?

Alors que la dette publique croît de manière régulière, les besoins de financement de la sécurité sociale varient fortement d’une année à l’autre. Le graphique du bas présente les taux de variation en pourcentages de la dette publique (courbe noire) et de la dette de sécurité sociale (courbe rose).

Les besoins de santé sont parfois imprévisibles !

(cliquer sur les graphs pour les agrandir)

Evolutions de la dette publique et de la dette de sécurité sociale en France (en milliards d’euros)

retraites-13-03-07.jpg

Taux de variation de la dette publique et de la dette de sécurité sociale (en %)

retraites-13-03-07b.jpg

Graphiques construits à partir des données INSEE.

7 commentaires pour Graph du jour…

  1. Ba dis-donc, il semble que la dette peine à lancer la dette. C’est comme d’autres choses, en fait, tout le monde en parle mais tout le monde s’en fout?

    Question 1: est-ce forcément mal un Etat qui s’endette? L’Etat doit-il chercher à se désendetter quelqu’en soit le prix?
    Réponse de Fitoussi: c’est possible mais très couteux et pas forcément pertinent.
    http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3234,50-727044,0.html

    A lire aussi: http://www.ofce.sciences-po.fr/article.php?ref=fig-26-01-06
    Article de Fitoussi et Aghion, je vous cite le meilleur passage pour moi:
    « Si le bon critère est bien celui de la maximisation de notre richesse nette, et on ne voit pas bien quel autre il pourrait être, l’essentiel n’est pas de réduire la dette publique à court terme mais plutôt de restructurer les dépenses publiques aux fins d’augmenter le potentiel de croissance : baisser les dépenses inefficaces en accroissant la productivité des services, réduire celles dont l’objectif premier est de satisfaire des lobbies à des fins électorales, mais également augmenter l’investissement public dans certains domaines où la France a accumulé un retard préoccupant depuis le début des années 90 : l’éducation supérieure, la recherche, les infrastructures, notamment urbaines. Il convient aussi d’investir en mettant en oeuvre les réformes structurelles que l’on pense le plus propice à la croissance. De telles réformes ne peuvent être réalisées à périmètre constant pour au moins deux raisons. D’une part, il faut compenser financièrement les générations présentes si elles subissent un coût trop élevé du fait de ces réformes. D’autre part, la mise en oeuvre de certaines politiques structurelles, comme par exemple les politiques actives de l’emploi dont celles conduites au Danemark sont données en modèle de façon quasi unanime par l’ensemble de la classe politique française, est elle-même coûteuse. »

    Question 2: Tant bien même on doive réduire la dette, comment fait-on? L’interdiction du déficit de fonctionnement comme le propose Bayrou me paraît une vrai fausse bonne idée. Très dangereuse à terme, renforçant l’impuissance du politique.

  2. Je fais souvent des lapsus et ne relis jamais mes posts avant de les publier.
    Mais j’aime bcp celui là: « il semble que la dette peine à lancer la dette. »
    Il fallait lire évidemment « il semble que la dette peine à lancer le débat.. ».
    Toutes mes excuses aux lecteurs, nombreux, de ce blog😉

  3. Joli, doc’ Freud😉

    Je suis bien d’accord avec vous, cher Rémi : la réduction de la dette sur le principe du poids que supporteront les générations futures pose plusieurs problèmes :

    – l’arbitrage entre la génération actuelle à sacrifier ou la génération future. Si l’on sacrifie la génération présente, il n’est pas sûr que les carences d’investissements urbains, d’éducation, de recherche… ne pénalisent pas la génération future également.

    – le choix de financements publics par endettement doit donc se poser en termes de productivité générée et d’externalités (pour faire du Casabaldi) positives, permettant demain d’accroître les gains de manière plus que proportionnelle à l’endettement initial. Investir sur des projets rentables comme disent les financiers du 4èmes !!!!!!! Bon d’acc, ça fait très multiplicateur keynésien !

    – la réduction imédiate des dépenses publiques entraine plus que certainement un ralentissement économique brutal, non nécessairement compensé par un redéploiement de l’épargne sur des investissements privés (que l’on pourrait supposer de rentables pour simplifier, mais aussi plus risqués).

    La question de la dette mérite donc d’être posée.

    Ici, je cherchais à mettre en regard la dette de la sécurité sociale, notamment en ce qui concerne le financement des retraites, et la dette publique.

  4. FX Dudouet dit :

    Pour reprendre Bruno Théret (normal il est dans mon labo!!), la logique économique de l’Etat n’est pas, ou du moins ne s’est pas construite, suivant la logique économique de marché.
    Je suis d’accord pour réaffirmer que la dette n’est pas un problème en soi. La seule question pertinente est celle de son financement.
    Quand aux dépenses de l’Etat ce ne devrait pas de mon point de vue être une question économique au sens marchand du terme (produire de la rentabilité économique) mais une question politique: a savoir les modalités d’allocation des ressources. Car contrairement à une entreprise l’Etat ne peut pas « renvoyer » ses citoyens pour rééquilibrer ses comptes. (de là à envisager les migrations de ce point de vue il y a un pas qui donne le vertige)
    Si on considère que l’Etat, à travers ses dépenses, doit être « rentable » ou produire des externalités positives, on ne fait que substituer un ordre économique à un ordre politique. Ce qui pose un premier problème, l’Etat (j’entends ses dépenses) doit-il être gouverné par une rationalité économique marchande?
    Mais le problème le plus important est que la rationalité économique de marché porte elle-même des présuposés politiques (cf. Schumpeter), qu’il serait trop long de développer ici.
    Tout ça pour dire qu’en envisageant la dette de l’Etat du point de vue de l’économie marchande, on subtilise le débat politique à ceux qui n’ont pas l’expertise économique suffisante pour s’en saisir. (Tiens curieux j’en arrive à l’objste même de votre blog :-)). La meilleure façon d’aborder la dette de l’Etat est sans doute d’en revenir à la rationalité économique de l’Etat, qui elle est plus largement accessible. A moins que justement nous ne soyons en train de changer de monde………..
    Bref, votre initiative est très plaisante, j’essairais de venir à l’un de vos « café ». Et merci d’avoir mis notre site en lien.
    Coucou à Laurent😉

  5. Salluste dit :

    La problématiques de la dette qui bien investie ne pénalise pas les générations futures est pertinente mais jusqu’à quel point ? Rien que le poids actuel des dépenses engagées lors de ces 25 dernières années est la seule source du déficit budgétaire, autrement dit aujourd’hui sans dette pas de déficit et des dépenses plus importantes …..

    L’état est aussi dans la plupart de ses branche un acteur économique au sens le plus plein du terme puisqu’il produit des services et des biens, poser la question de son coût est donc forcément pertinent même si j’ai le sentiment que son rapport qualité/coût est plutôt satisfaisant. Je ne nise pas son rôle d’instance de redistribution je pense simplement qu’il est à la fois une instance de production et de redistribution, et que l’on peut tout à fais modifier ses processus de production sans changer ses modes de redistributions …

    Autrement dit les finances publiques sont à la fois un objet économique technique complexe, et un objet politique et donc sujet à des instrumentalisations très différentes.

    Bien à vous Salluste

  6. laurentsoulat dit :

    Merci pour vos visites FX et Salluste ! Ce sera un grand plaisir si tu peux venir au café FX, et j’aime beaucoup ton site !😉

    @ FX : débat intéressant ! Je suis largement d’accord avec tes remarques, notamment concernant le présupposé politique et la substitution de l’argument politique à l’argument économique.
    La question de l’Etat est politique, et bien sûr que les normes comptables le sont aussi. L’oublier conduit largement à la situation actuelle dans laquelle le politique n’est pas forcément responsable, réduit ses choix et conditionne son action à l’économique : la croissance, le chômage, les délocalisations…
    Toutefois je mettrais un bémol à ton propos : un questionnement économique n’est pas sans intérêt. Ce que je soulignais dans un précédent propos était que les choix d’allocation ne sont pas tous identiques. Il n’est pas question ici uniquement de sphère marchande justement. Pour illustrer, si à court terme financer tel ou tel projet est identique en termes de demande, à moyen et long terme, le financement de l’éducation et de la recherche n’est pas nécessairement identique à financer les media ; l’augmentation du financement de la recherche par déficit n’aura pas les mêmes conséquences économiques (innovations, gains de productivité, acquisition de compétences, croissance du PIB…) que le financement d’autres projets. Dans ce sens, le déficit initial n’est pas forcément quelque chose de mal.
    Mais la question n’est pas qu’économique et ne doit pas l’être. Mais justement pour éviter que le débat soit confisqué par des experts, il me semble important que le citoyen puisse s’approprier ce débat également en termes économiques, ou, en d’autres termes, que l’économie ne se place pas en dehors de la société mais dans la société et qu’elle retrouve sa mission d’économie politique. L’économiste ne peut pas se contenter d’être un expert « conseiller du prince », mais doit être en capacité :
    – à expliquer et vulgariser ses travaux,
    – à tenir compte des attentes, des perceptions et des avis des gens.

    De tels débats ont d’ailleurs pu exister, conduisant à des prises de décisions politiques, comme les nationalisations de secteurs de l’énergie et les modes de tarification publique, afin de limiter les rentes des propriétaires.

    @ Sallustre : il s’agit bien là d’une approche possible de la question de la dette. Est-ce que c’est mal en soit ? Je pense que non, mais sous certaines conditions, et on retombe dans la question d’externalités positives facilitant le remboursement des intérêts de la dette. Si ces débats sont effectivement complexes, il est nécessaire que les économistes fassent un effort de pédagogie pour que les gens puissent s’en saisir ! Est-il souhaitable de se contenter de la question de la dette qui est bien ou male sachant effectivement qu’elle peut réduire les capacités de dépense futures et pénaliser les générations futures ? Il est également important d’expliquer ce qui compose la dette, parce que tout n’est pas de même nature. Ces questionnements sont également présents au sujet du financement des retraites.

  7. […] économique : paru sur d’autres blogs… Suite à un commentaire sur la confiscation de la décision politique par des spécialistes, voici un article sur le site de l’OpesC sur “la fin du politique […]

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