Economie et Normes du Travail

avril 26, 2007

Nous lançons aujourd’hui de nouvelles rubriques : des séries de chroniques et billets d’humeurs tenus par des animateurs des cafés économiques sur nos sujets de recherche.

Aujourd’hui, le lancement des chroniques EconoBaz animée par Remibaz.

e2933.jpg

L’accélération du processus de mondialisation a entraîné une préoccupation croissante des citoyens sur ses conséquences sur l’emploi et les conditions de travail. Le débat sur les délocalisations est à cet égard particulièrement éclairant. Les économistes relativisent le problème en considérant que la destruction d’emploi liés aux délocalisations est statistiquement marginale au regard des créations d’emploi induites par les exportations. Certes, pourtant, les fermetures d’usines font régulièrement l’ouverture de nos journaux télévisés. La dénonciation de la « concurrence déloyale » dans les pays du Sud en a été que plus vivre. Et à cet égard, la question des normes du travail occupe une place centrale. Le débat a d’abord été introduit via la revendication d’une clause sociale à l’OMC. L’échec fut total car l’opposition des pays en développement résolue. Ces derniers craignaient qu’ils ne s’agissent que d’une nouvelle forme de protectionisme déguisé des pays développés. Seattle, 1999. Bill Clinton évoque la possibilité d’interdire l’importation de produits ne respectant pas des critères sociaux suffisants. Tollé général. Cela sera un des principaux motifs expliquant l’échec de Seattle. Le débat est réapparu par différents biais. L’OIT a développé le concept de Travail Décent. L’ONU a cherché à développer la responsabilité sociale des entreprises, notamment via l’adoption du Global Compact. Le lien entre normes et commerces ne cesse de faire sa réapparation dans le débat public.

Les normes doivent-elles être obligatoires? De quelles normes doit-on parler? Faut-il lier la question du commerce et le respect des normes? La mondialisation détériore -t-elle de manière inéluctable les conditions de travail? C’est à toutes ses questions que nous essayerons dans cette nouvelle rubrique de Caféco: « EconoBAZ« . N’hésitez-pas à contribuer !


Les cafés économiques, première édition

avril 20, 2007

Voilà, il fallait bien que quelqu’un se lance et fasse son compte rendu quant au premier café économique qui s’est déroulé le 12 mai dernier. Mais j’invite tout le monde à en faire de même.

Tout d’abord, et je pense que toutes les personnes présentes ce jour s’associeront à moi, un grand merci à Jean-Louis Guérin pour cette intervention d’une grande clarté ainsi que pour la qualité de ses réponses apportées.

J’ai trouvé que ces cafés économiques sont partis sur une excellente base car les questions abordées ont réellement apporté des éclairages nouveaux sur le problème des retraites. Il est vrai, suite à ce débat, que l’on se demande pourquoi tout le monde s’étripe autour du financement sans jamais se poser la question qui apparaît comme essentielle, à savoir l‘utilité ou la fonction d’un régime de retraite. Les différents éléments retranscris ici permettent de se faire une idée, certes encore floue, des enjeux autour de la nature d’un régime ainsi que des objectifs qu’il a à atteindre.

Je passe maintenant au compte rendu à proprement parler.

Tout d’abord, le but de l’intervention n’était pas de débattre de l’ampleur du problème des retraites. Ce débat ne trouvera jamais de point d’équilibre. En outre, quelle que soit la taille du trou, il existe des centaines de moyens de combler un déficit.

Donc le but: Pas d’évocation des relations comptables => 4 points cruciaux abordés autour de ce que l’on attend d’un régime des retraites.

1/Problème du chômage des personnes âgées si l’on allonge la durée du temps de travail: Si elle augmente de 5 ans alors que les actifs de plus de 55 ans sont souvent victimes du chômage, quelle serait l’efficacité d’une telle réforme?
Plus généralement, le rôle du marché du travail : pourquoi les retraites représentent-elles le seul instrument qui permette de compenser d’une vie plus ou moins difficile? Par exemple, les retraites à 55 ans. Un employé dans un secteur éprouvant se verra « récompenser » par la retraite en fin de vie. Ses employeurs tout au long de sa carrière ne devraient-ils pas prendre au moins en partie en charge la compensation de la pénibilité du travail?

Ce point a pour vocation d’éclaircir sur les problèmes liés aux solutions envisageables au problème des retraites.

2/Nature souhaitée? Beveridgien ou Bismarkien (actuellement celui dont nous serions le plus proche).
Le premier correspond à une couverture universelle: tout le monde obtient un montant fixé, de 300 à 1300€ selon les pays l’ayant adopté, pour le reste => système D.
Le second : ce que l’on touche à la retraite dépend de ce que l’on a gagné.

Ce point semble d’aspect plus social en ce qu’il fait référence au droit à la retraite pour tous. Il permet aussi de marquer la différence entre le fait que chacun cotise pour tous, via un système similaire au système français et un système où chacun contribue à sa retraite.
Ce qui pourtant peut sembler similaire de prime abord en ce sens que l’on peut supposer que quelqu’un gagnant bien sa vie pourra se permettre une meilleure retraite. Toutefois, cela permettrait à chacun de révéler sa réelle préférence en matière de retraite: est-ce que les plus aisés s’accorderaient une retraite aussi élevée que ce qu’ils obtiennent dans notre système? Si non, où irait cet argent (quelle partie de l’économie en profiterait?)

3/Epargne retraite: Est-ce le rôle de l’Etat d’aider les citoyens à avoir une bonne retraite?

Le rôle de l’épargne est souvent considéré comme le financement de l’investissement. A ce titre, l’Etat doit-il intervenir pour la favoriser? L’avantage de l’épargne étant le suivant. Dans le système actuel, les 100€ que je donne aujourd’hui vont directement sur le compte en banque d’un retraité. Dans le cas de l’épargne, si je mets 100€ sur un compte, je toucherai 100€ + les intérêts de mon placements. Cette question pose donc aussi le problème de la remise en cause de la solidarité intergénérationnelle.

4/Qu’attend-on d’un système de retraite? Le maintien du niveau de vie? Une redistribution lors de la retraite? Booster l’épargne du pays? etc …

Une question plus générale, appelée à conclure la discussion, à l’aide des points précédents. Finalement, lorsque l’on cotise, cela doit-il nous donner droit à quoi? Est-ce que la durée de la retraite est un acquis? Est-ce qu’elle implique un devoir de redistribution?

Lire le reste de cette entrée »


Paru sur d’autres blogs : rémunération du travail, rémunération du capital, et répartition de la richesse

avril 17, 2007

En attendant les comptes rendus du premier café éco qui s’est tenu jeudi dernier sur les retraites, j’en profite aujourd’hui pour relayer une discussion que j’ai pu aborder avec des amis sur la question du partage de la valeur (du PIB) entre capital et travail.

Je remercie Elessar dans un commentaire sur le compte rendu des cafés éco paru le blog Grande question, de m’avoir donné la référence de l’article « Répartition capital-travail : les trois erreurs d’Olivier Besancenot » paru sur son blog : optimum, le seul blog véritablement optimal.

Pour résumer, l’auteur de l’article souligne trois erreurs de raisonnement dans cette approche de partage de la richesse :

1/ Une erreur de lecture de la courbe de répartition de la valeur entre capital et travail. Cette répartition est sensible à l’échelle de temps prise en compte ; si la date de départ de la série est 1982 (comme l’a fait ATTAC), alors la rémunération du capital apparaît augmenter depuis. Par contre, si la date de départ est le début du 20ème siècle, alors le partage de la richesse apparaît plus stable, comme le montre le graphique de l’article.

2/ Une erreur d’indicateur. L’auteur souligne que le revenu du travail et le revenu du capital intègrent autre chose que la rémunération stricte des facteurs de production. Pour exemple, la rémunération du travail intègre les rémunérations des grands patrons. Inversement, la rémunération du capital intègre la rémunération de l’épargne populaire.

J’ajouterais dans ce sens que cette approche ne tient pas compte des inégalités de profits réalisés entre les très grandes entreprises et les autres : la 100ène de plus grandes entreprises françaises réalisent la quasi-totalité des profits de toutes les entreprises, alors qu’à l’inverse rémunération du travail et du capital sont mélangés pour les artisans. Les dirigeants-propriétaires de petites entreprises ont également tendance à percevoir la rémunération de leur propriété sous forme de salaire plutôt que de dividendes (entre autre pour des raisons fiscales).

3/ Une erreur d’instrument politique. Pour l’auteur, la hausse du SMIC serait contreproductive : elle tendrait à accroître le chômage et à tasser les salaires. Il suggère que les instruments de politique économique doivent plutôt s’appuyer sur la fiscalité.

Toutefois, comme le souligne Patrick Artus dans « le capitalisme en train de s’autodétruire » (et quelles que soient les réserves que j’ai sur l’ouvrage), il me semble pertinent de comparer la répartition de la valeur entre les pays. Ainsi Artus souligne que cette répartition est plus favorable au travail en Grande-Bretagne qu’elle ne l’est en France. Cette répartition est également très certainement sensible aux modes de financement de l’économie, à la place qu’occupe l’intermédiation de crédit, l’intermédiation de marché et le financement sur les marchés de capitaux.

Pour conclure, cette approche du partage de la valeur est-elle vraiment pertinente pour percevoir les inégélités de revenu au sein d’une population ? Les inducateurs de progrès (GPI, BIP40), quelles que soient leurs imperfections de mesures, ne tiennnent-ils pas mieux compte de ces inégalités de revenu ?


Café économique : paru sur d’autres blogs…

avril 16, 2007

Un premier compte rendu sur un blog que j’aime beaucoup, Grande question, des cafés économiques qui ont eu lieu jeudi dernier sur le thème des retraites, avec la présence de Jean-Louis Guerin. Un grand merci à Claire.

Un compte rendu sera posté sur le blog des cafés économiques dans les jours à venir.

Un grand merci à tous ceux et à toutes celles (moins nombreuses) qui étaient présents jeudi.


Les économistes dans la campagne, suite

avril 12, 2007

Toujours en attendant le café économique de ce soir sur les retraites,

Suite à un post précédent sur les économistes dans la campagne présidentielle, la lecture d’un article sur econoclaste, « pour qui je voterai« , m’a fait mourir de rire !

Mais ce n’est peut être qu’une blague d’économiste (toujours sur le site d’econoclaste) ?!


Café économique : paru sur d’autres blogs…

avril 12, 2007

En attendant le café économique de ce soir sur les retraites,

Je vous propose aujourd’hui un article paru sur le blog Ecopublix (déjà linké sur les cafés économiques) qui se propose de rétablir un certain nombre de vérités sur les 30 glorieuses (période souvent idéalisée comme un âge d’or), sur la formation des élites et sur les choix (ou non choix !) de politiques économiques…

Son auteur propose une lecture croisée de deux ouvrages écrits en 1972 et 1981 : « La Croissance Française« , de Jean-Jacques Carré, Paul Dubois et Edmond Malinvaud (alors économistes à l’INSEE) ; et un livre de l’historien américain Richard Kuisel, « Le capitalisme et l’Etat en France« .


Café économique : le problème des retraites

avril 10, 2007

Après une discussion avec Jean-Louis Guerin, voici en quelques mots les propositions de son intervention lors du café du 12 avril.

Le but n’est pas de s’étendre sur un constat global mais de focaliser la discussion sur 4 aspects centraux de la question des retraites.

Le premier aspect concerne le marché du travail. La retraite est-elle un salaire différé ? Qu’en est-il des salariés âgés ? Est-ce au système de retraite de pallier à l’inefficacité du marché du travail ?

Le deuxième aspect porte sur la nature du système de retraite. Le système français ne se rapproche-t-il pas progressivement du système anglais ou danois avec l’augmentation du nombre de gens aux minima sociaux et aux carrières fragmentées ?

Le troisième aspect porte sur l’épargne retraite. L’épargne retraite doit elle être obligatoire ? Doit-elle bénéficier d’avantages fiscaux ?

Le quatrième aspect concerne les solutions. Est-ce qu’il y a une solution optimale ? La réponse est non. De plus, il n’y a pas de d’objectif clairement défini. Mais ce qu’on sait c’est qu’il y a de mauvaises solutions qu’on peut déjà écarter.

Si vous avez des suggestions et des questions qui ne vous semblent pas abordées et qui vous tiennent à coeur, n’hésitez pas à nous les soumettre.