Partage de la valeur, inégalités de revenus et indicateurs alternatifs

Je me décide enfin à lancer ma propre chronique : billet d’humeur et autres contrariétés quotidiennes.

Pour l’instant, hormis pour des raisons de « bougonnerie  » sur un sujet économique d’actualité, je me concentrerai sur les questions de partage de la valeur, inégalités de revenus et indicateurs alternatifs.

En effet, après un premier article sur la rémunération du travail, la rémunération du capital et le partage de la richesse, je reviens sur le sujet en lançant une nouvelle rubrique : partage de la valeur, inégalités de revenus et indicateurs alternatifs.

Cette rubrique a un double objectif :

  • chercher à revenir sur le débat des inégalités de revenus, de voir ce qu’en dit l’économie et de revenir sur des erreurs et de problèmes de mesure ;
  • poser le débat et de présenter ce que disent et cherchent à intégrer ces indicateurs alternatifs ou de progrès. En effet, des économistes et des comptables travaillent sur la construction d’indicateurs alternatifs, qu’ils s’agisse du PNUD, de l’indicateur de santé sociale, du BIP40, d’indicateurs environnementaux (bien-être économique durable, GPI, empreinte écologique…). Ces indicateurs sont très imparfaits et posent des problèmes de construction. Toutefois, ils ont le mérite d’exister et de poser le débat.

En effet, le PIB et le taux de croissance de PIB posent plusieurs problèmes :

  • dans le discours médiatique, le taux de croissance du PIB est un des trois indicateurs annoncés pour renseigner de l’état d’une économie avec le taux de chômage et l’indicateur boursier. Le PIB et la croissance sont un des objectifs principaux de politique économique.
  • mais il ne renseigne pas sur le partage de la richesse et sur les inégalités de revenus entre les individus ou les ménages ;
  • il ne tient pas compte de l’épuisement de ressources non renouvelables ;
  • il ne tient pas compte des niveaux de pollution et du changement climatique qui, selon le dernier rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernnemental sur l’Evolution du Climat), sont la conséquence des activités humaines. Pour plus de détails sur le changement climatique, un résumé du rapport est disponible ici ;

Variations de la température de la surface de la Terre au cours des 140 dernières années (source GIEC)

temperatures1.jpg

Variations de températures dans l’hémisphère nord au cours des 1000 dernières années (source GIEC)

temperatures2.jpg

  • c’est un indicateur souvent utilisé à court terme : trimestre, année, mais très peut à long terme.
  • il ne considère pas le bien-être des individus composant la collectivité pour laquelle le PIB est calculé et sur le progrès en général…

Dans la campagne présidentielle, plusieurs candidats (François Bayrou, José Bové, Corinne Lepage, Ségolène Royal, Dominique Voynet…) ont plus ou moins avancé l’idée, lors de leur passe devant le pacte écologique, selon laquelle :

  • il serait important que les comptables nationaux produisent un indicateur alternatif au PIB qui intègre des facteurs sociaux, climatiques et écologiques ;
  • que cet indicateur alternatif devienne l’objectif politique à poursuivre.

Il ne s’agit pas de tomber dans le débat décroissance versus développement durable qui pour moi n’a pas de sens.

Qu’est ce que le PIB

Définition : il s’agit d’une mesure basée sur les flux monétaires qui obéit à des conventions internationales de comptabilité nationale.

Les trois optiques du PIB :

  • Optique de production : PIB = Valeurs ajoutées + TVA + Droits de douane. Ici, le PIB mesure, en valeur, les quantités de biens et services produits sur un territoire.
  • Optique de la dépense : PIB = Consommation finale + FBCF + Dépenses publiques + Variations de stocks + (Exportations – Importations).
    Note : FBCF = formation brute de capital fixe
    Ici le PIB est mesuré par la demande de biens et services sur le territoire et les échanges de biens et services avec le reste du monde. Il mesure la dépense des agents économiques résidents et étrangers en produits nationaux.
  • Optique de revenu : Il s’agit de la rémunération des facteurs de production.
    PIB =Rémunérations brutes des salariés + Excédent brut d’exploitation + Impôts liés à la production
    Note : EBE = excédent brut d’exploitation = le revenu de l’activité de production une fois les salaires payés qui sert à rembourser les dettes et rémunérer les propriétaires.
    Ici, le PIB est le revenu national. Il s’agit du revenu brut dont disposent les ménages. Cette approche est intéressante car elle permet de regarder le partage de la valeur entre rémunération du travail et rémunération du capital.

8 commentaires pour Partage de la valeur, inégalités de revenus et indicateurs alternatifs

  1. socialisTIC dit :

    Mesurer le progrs

    Laurent, un homme libre rencontr au dernier caf conomique, inaugure une srie de chroniques sur le blog du mme nom, avec un billet trs intressant sur les indicateurs de progrs.

    SocialisTIC, Freemen ou pas ? Je laisse mes

  2. patxol dit :

    Les trackback ne fonctionnent pas, et c’est bien domage (geek inside) :

    http://socialistic.eu/blog/index.php/2007/05/16/117-mesurer-le-progres

  3. Fab dit :

    Le PIB en Russie s’est lui completement écroulé durant les années 90 (comme la pollution d’ailleurs car la russie ne produisait plus). Pour faire le point, un article de bonne facture de Vladimir Popov dans lanew left review

    http://newleftreview.org/?page=article&view=2658

  4. Laurent dit :

    @ paxtol : il faut que je me renseigne. J’suis pas un pro des blogs encore😉
    @ Fab : un grand merci à toi pour la référence (et pour celle sur les matheux du JET ici) !

  5. laurentsoulat dit :

    @ patxol : en fait ton commentaire était dans les spams😦

  6. Sujet interessant.

    En pratique les statisticiens utilisent-ils les trois approches ? Si oui ça donne quel type écart (une fois les données stabilisées, par les estimations) ?

  7. Laurent dit :

    Les 3 approches donnent le même résultat.
    L’approche par la dépense est celle qui est utilisée également pour le calcul du GPI car elle permet de prendre en compte des externalités. Ce calcul repose sur la méthode de retraitement utilisée par Tobin.
    Mais j’y reviendrai.

  8. Piet Nirvana dit :

    you had me suicidal, suicida. Piet Nirvana.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :