Billet d’humeur et autres contrariétés quotidiennes : le partage de la valeur ajoutée entre capital et travail

Aujourd’hui, dans la chronique de Laurent, je reviens sur la question du partage de la valeur ajoutée entre rémunération du capital et travail.

Cette question avait été abordée dans un post précédent, « Paru sur d’autres blogs : rémunération du travail, rémunération du capital, et répartition de la richesse » et sur Optimum dans l’article « Répartition capital-travail : les trois erreurs d’Olivier Besancenot« .

Le graphique d’aujourd’hui porte sur ce partage de la valeur ajoutée sur longue période.

partage-de-la-valeur.jpg

Source : Piketty, T. (2001), Income Inequality in France 1901-1998.

Selon la période considérée, les évolutions de la rémunération relative du capital et du travail ne sont pas perçues de la même manière. En effet, si l’on regarde la répartition revenu du capital – revenu du travail à partir du début du siècle, alors elle paraît plutôt stable, alors que si on prend 1980comme origine alors la rémunération du capital semble avoir augmentée.

Gribouillis économiques (que je reprends ici) propose plusieurs pistes de réponses à la baisse de la rémunération du travail depuis 1980 :

La baisse provient pour l’essentiel de l’industrie. Giammarioli, Messina, Steinberger et Strozzi (2002) (European Labor Share Dynamics : An Institutional Perspective) avancent les causes suivantes :

  • Déclin du syndicalisme (de 15% à 9% d’adhérents),
  • Restructurations industrielles (charbon, acier, construction navale…) au profit de l’électronique et des services,
  • Réformes du travail : temps partiel, intérim (qui rendent l’adhésion syndicale plus difficile),
  • Fragmentation syndicale,
  • Forte hausse du taux de chômage (de 6,4% en 1980 à 10,4% en 1988),
  • On retrouve la même « bosse » de 1975 à 1990 dans la plupart des autres pays d’Europe continentale.

Blanchard (1998) (Blanchard, O. (1998), Revisiting European Unemployment : Unemployment, Capital Accumulation, and Factor Prices, NBER W6566) propose un autre modèle :

  • Dans les années 70, les salaires ne se sont pas ajustés au ralentissement de la productivité totale des facteurs. Cela a mené à une baisse de la part du capital, et à une hausse du chômage.
  • Dans les années 80, les firmes ont investi dans des technologies utilisant plus de capital et moins de travail, d’où une hausse de la part du capital et une augmentation régulière du chômage.
  • La modération salariale depuis le milieu des années 80 n’a pas annulé cette évolution, du fait d’une demande de travail inférieure pour un stock de capital donné.

2 commentaires pour Billet d’humeur et autres contrariétés quotidiennes : le partage de la valeur ajoutée entre capital et travail

  1. eco no myth dit :

    Expliquer la baisse ???!!!

    Tu veux dire la chute!!!

    Un mec qui travaille en base 1943🙂

  2. Eric dit :

    Juste un détail, en utilisant des données macro aussi générales on occulte le partage de la valeur ajoutée entre les acteurs d’une même catégorie. Autrement dit la question qui me semblerait pertinente est la suivante quelle est aujourd’hui la part des 200 premières entreprises déployées en France dans la valeur ajoutée globale ?
    Quelles sont les effets des concentrations sur le partage de la valeur entre les petites et les grandes entreprises.

    Eric

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