Graph du jour : immigration et logement

mai 10, 2007

Rappel : le café économique,

c’est ce soir à 18h00

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En 1990, un tiers des immigrés vivaient dans l’agglomération parisienne et près des 2/3 dans des unités urbaines d’au moins 100 000 habitants. La quasi-totalité des immigrés d’origine portugaise vivent en régions parisienne ou bordelaise.

La notion de réseau n’explique cependant pas à elle seule les choix de localisation des migrants. La répartition géographique des immigrés en France est également le résultat de la localisation des bassins d’emplois. Elle est aussi liée aux possibilités de trouver un logement, possibilités qui dépendent de la position sociale des demandeurs et de leur nationalité, conduisant à certaines formes de ségrégation (Lévy-Vroelant, 2004, p. 161).

Enfin, le plus ou moins bon accueil réservé aux populations immigrées par les ressortissants nationaux, influence fortement l’attractivité de certains territoires.

Le nombre de ménages étrangers ne disposant pas des éléments de confort ordinaires a diminué. En 1990 : 73 % des ménages immigrés disposent de logement « tout confort sanitaire » (baignoire ou douche, WC intérieurs et chauffage central) contre 76 % en moyenne. Pourtant, cette moyenne masque la situation plus précaire des étrangers originaires du Maghreb et principalement d’Algérie : 10,8 % de logements sans douche ni WC contre 3,8 % pour l’ensemble des ménages. Le surpeuplement touche 18% des logements en France mais frappe plus de 40 % des logements occupés par des Maghrébins, Africains et Turcs.

Graphique : Ménages « très mal logés », en fonction de la zone d’origine (en % des ménages très mal logés)

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Notes : L’indice évaluant la qualité de l' »habitabilité » est calculé par l’auteur en combinant les caractéristiques d’équipement et d’occupation des logements.

Sources : Lévy-Vroelant, C. (2004), « Le logement des migrants en France du milieu du 19e siècle à nos jours« , Historiens et géographes, janvier 2004, n° 385, pages 147-165.


Immigration en France : origines des immigrés et raisons de leur mobilité

mai 9, 2007

La mobilité géographique porte sur deux types de déplacement :

  • la mobilité des personnes à l’intérieur du territoire national. Il s’agit de personnes qui se déplacent d’un département vers un autre département pour des raisons d’études et d’emploi.
  • les flux migratoires entre les pays.

Notons que jusqu’en 1880, est comptabilisé comme « étranger » celui qui est né hors du département, et les migrations saisonnières et définitives sont confondues.

Le solde migratoire était nul ou faiblement négatif entre 1994 et 1998 : entre -3 500 personnes en 1994 et -18 500 en 1996 selon les estimations d’Eurostat. Entre 1999 et 2004 la France a enregistré un solde migratoire positif de 112 450 personnes par an en moyenne (Eurostat). En 2005, selon l’INSEE, le solde migratoire s’est élevé à 95 000 personnes, contre 105 000 en 2004.

En 1999, 3,26 millions d’étrangers et 4,31 millions d’immigrés ont été recensés en France, soit environ 2 millions de ménages (INSEE). Les immigrés représentent 7,4 % de la population totale, proportion qui reste stable depuis 25 ans (recensement de 1975).

Les origines migratoires en France

Les origines géographiques des migrants ont fortement évoluées au cours de 40 dernières années (cf. graphiques 1). La France reste la destination privilégiée des maghrébins. Leur poids a fortement augmenté, notamment au détriment des migrants d’origine italienne, espagnole puis portugaise. Plus récemment, on peut noter une augmentation des populations d’origine turque et chinoise. Pour l’année 1998, selon l’OCDE, les cinq premier pays d’origine des migrants étaient l’Algérie (14,6 %), le Maroc (13,8 %), la Turquie (5,8 %), la Chine (4,9 %) et la Tunisie (4,6 %).

En 1998, les étrangers originaires de l’UE15 représentaient 33,8 % de la population étrangère en France, soit 2 % de la population totale (Eurostat).

Les raisons de la migration

Les motivations de la migration ne sont pas uniquement liées au marché du travail.

Si l’on prend en compte les flux migratoires en provenance de l’Espace Economique Européen (UE15 plus Islande, Norvège et Lichtenstein) et de la Suisse, le nombre des demandes de permis de séjour, hors renouvellement, atteignait 216 589 en 2003 (176 207 en 1997) et les motifs se répartissaient comme suit : raisons professionnelles 15,7 % (30,5 % en 1997), regroupement familial 41,1 % (27,6 % en 1997) et étudiants et stagiaires 25,2 % (23,8 % en 1997).

Depuis 2003, à l’intérieur de l’UE15, les flux migratoires sont facilités par la liberté de circulation dont jouissent les ressortissants des Etats membres (articles 39 à 42 du traité instituant la Communauté Européenne). Ainsi, les ressortissants européens n’ont plus besoin d’effectuer une demande de permis de séjour.

Par conséquent, en 2005, le nombre de cartes de séjour délivrées en France métropolitaine était, hors renouvellements, de 164 234 (contre 118 750 en 1997). Les cartes de séjour délivrées pour regroupement familial représentaient la moitié de l’ensemble (31,7 % en 1967). Les autorisations de séjour délivrées aux « étudiants et stagiaires » correspondaient environ à 1/4 (20,7 % en 1997) et celles délivrées pour « raisons professionnelles » seulement 7 % (contre 28,2 %) en 1997). Les statuts de réfugiés ont représenté 7,2 % des autorisations de résidence en 2005 (3,3 % en 1997). Lire la suite »