Café économique : paru sur d’autres blogs…

mars 29, 2007

Aujourd’hui, petite pause dans les programmes des candidats, suite à la lecture d’un article qui m’a conduit à quelques questionnements !

La remise à plat du système des retraites est-elle si simple ? Est-il possible de mener à bien une réforme globale des retraites ?

N’est-il pas plus tentant pour un politique d’éviter le débat et les risques de mobilisation sociale en faisant passer des réformettes à la marge : allongement de la durée de cotisation, taux de cotisation… ?

Est-ce que l’espérance de vie doit seule refléter la pénibilité ? Dans ce cas, les femmes devraient-elles travailler plus longtemps que les hommes ?

Le progrès d’une société ne serait-il pas d’avoir une vie après la vie active ?

Voici un extrait de cet article de Guy Laroque (directeur du laboratoire de macroéconomie du CREST) paru sur le blog Telos en février 2007 : « retraites : il faut distinguer assurance et redistribution« .

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Café économique : la phrase du jour…

mars 25, 2007

Pour revenir sur les inégalités entre les femmes et les hommes sur le marché du travail suite au graph du jour du 21 mars, voici un extrait du rapport Les inégalités entre les femmes et les hommes : les facteurs de précarité de l’Observatoire de la parité réalisé par Françoise Milewski, Sandrine Dauphin, Nadia Kesteman, Marie-Thérèse Letablier, Dominique Meda et remis à Madame Catherine VAUTRIN, Ministre de la cohésion sociale et de la parité en 2005 (édité à la documentation française).

Extrait de la conclusion du chapitre 1, « les inégalités sur le marché du travail : facteurs de précarité » (page 33)

.

« Les caractéristiques des emplois et les trajectoires jouent un rôle majeur dans la précarité, vécue ou potentielle. Ces caractéristiques sont essentielles en termes de continuité de l’insertion. Or les frontières de l’emploi et du sous-emploi, de l’activité et de l’inactivité sont fluctuantes pour nombre de femmes, en particulier pour les plus jeunes et les moins qualifiées d’entre elles. Les CDD, les temps partiels contraints et les dispositifs d’attente concernent le plus souvent les femmes, et sont moins pour les femmes que pour les hommes un mode d’insertion vers l’emploi durable. Les situations intermédiaires sont nombreuses. Les faibles qualifications et l’emploi discontinu vont de pair avec les interruptions d’activité plus fréquentes lors de la naissance des enfants et donc les difficultés accrues de réinsertion. On est là au cœur de la précarité, c’est-à-dire d’emplois instables et mal rémunérés, et d’une relation lâche et discontinue au marché du travail, qui se reflète au bout du compte dans le niveau futur des pensions de retraites. Ainsi, seul l’accès à un emploi de qualité crée une relation stable au marché du travail, qui permet de ne pas basculer vers la précarité, tout particulièrement après une rupture familiale ou un veuvage, quand se cumulent plusieurs facteurs défavorables. »

Le graph du jour… vient compléter en donnant quelques chiffres.


Café économique : le graph du jour…

mars 25, 2007

Pour compléter le post ci-dessus

Les femmes sont plus exposées au travail à temps partiel, aux contrats à durée déterminée, aux interruptions de carrière que les hommes.

Les secteurs d’activité sont également marqués par les différences de genre : les taux de féminisation diffèrent fortement d’un métier à l’autre. Les métiers fortement féminisés sont souvent jugés comme plus faiblement qualifiés.

Le graphique 1 présente les taux de féminisation des 10 secteurs employant le plus de femmes. Ces 10 secteurs emploient 30 % des femmes en âge de travailler sur le territoire français en 2002.

Le graphique 2 complète le graphique 1. Il présente les taux de féminisation par secteur dans l’industrie en 1998.

Le graphique 3 présente les écarts de rémunération annuelle moyenne brute en 2002 par secteur entre les femmes et les hommes, permettant de mettre en relation les secteurs fortement féminisés et les plus faibles salaires des femmes.

(cliquer sur les graphs pour les agrandir)

Graphique 1 : Nombre de personnes par sexe dans les 10 secteurs employant le plus de femmes en 2002

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Note : le graphique est réalisé à partir de données de l’enquête emploi de INSEE. Source : Françoise Milewski, Sandrine Dauphin, Nadia Kesteman, Marie-Thérèse Letablier, Dominique Meda (2004), « Les inégalités entre les femmes et les hommes : les facteurs de précarité« , édition la découverte.

Graphique 2 : La féminisation dans les secteurs industriels (en %)

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Note : graphique tiré de « l’emploi industriel : les femmes aussi« , SESSI, n°145, avril 2001.

Graphique 3 : Les écarts de rémunération annuelle moyenne brute en 2002 par secteur entre les femmes et les hommes

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Note : graphique construit à partir de données de l’enquête emploi de l’INSEE disponibles ici.


Café économique : paru sur d’autres blogs…

mars 21, 2007

Concernant les inégalités de genre, je vous signale un article sur éconoclate qui résume un travail d’un travail de recherche de Muriel Niederle et Lise Vesterlund sur « les femmes se lancent-elles moins dans la compétition ? Les hommes concourent-ils trop ? »

J’en profite donc pour lancer une nouvelle rubrique proposant des articles économiques parus sur d’autres blogs.


Café économique : le graph du jour…

mars 21, 2007

Afin d’apporter quelques éléments de réponse complémentaires aux discussions sur les inégalités entre les hommes et les femmes à la retraite, notamment au sujet des différences de trimestres de cotisation, je reviens aujourd’hui sur les inégalités de genre sur le marché du travail.

Les femmes sont moins présentes sur le marché du travail que les hommes. Elles sont plus victimes d’interruptions de carrière, du chômage, de contrats à durée déterminée et du travail temporaire. Elles ont en moyenne un salaire inférieur à celui des hommes.

Les deux premiers graphiques présentent les taux d’activité par sexe et par âge en 1999 et 2005. Le taux d’activité mesure la part des actifs de la classe d’âge dans la population totale de cette classe d’âge, c’est-à-dire les personnes qui ont un emploi ou qui sont à la recherche d’un emploi.

Les deux graphiques suivants présentent les taux de chômage par sexe et par âge en 1999 et en 2005, c’est-à-dire la part des demandeurs d’emploi dans la population active par classe d’âge.

Enfin le dernier graphique représente le salaire net horaire par âge et par sexe dans l’industrie. Bon d’acc, la seule considération de l’industrie dans les différences de salaire n’est pas parfaite pour percevoir l’inégalité de salaire hommes-femmes : les femmes travaillent plus que les hommes dans les secteurs des services, et les salaires n’y sont pas forcément identiques. Je reviendrai sur les différences de métiers et de secteurs entre les hommes et les femmes dans un prochain post.

(cliquer sur les graphs pour les agrandir)

Graphique 1 : taux d’activité par tranche d’âge et par sexe en 1999 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir les enquêtes sur l’emploi de l’INSEE.

Graphique 2 : taux d’activité par tranche d’âge et par sexe en 2005 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir les enquêtes sur l’emploi de l’INSEE.

Graphique 3 : taux de chômage par tranche d’âge et par sexe en 1999 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir le recensement de 1999.

Graphique 4 : taux de chômage par tranche d’âge et par sexe en 2005 (en %)

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Note : pour plus de détails, voir les enquêtes annuelles de recensement de l’INSEE.

Graphique 5 : Salaire net horaire par âge et par sexe dans l’industrie en 2003 (en euros)

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Note : pour plus de détails, voir Fiche 34 : structure des salaires dans l’industrie manufacturière du Ministère de l’industrie, source INSEE.


Café économique : la phrase du jour…

mars 19, 2007

Les différences de durée de cotisation entre les hommes et les femmes sont importantes (voir le graphique 3 de l’article précédent) : en 2004, en moyenne, 169 trimestres (soit plus de 42 ans) pour les hommes, contre 119 trimestres (soit moins de 30 ans) pour les femmes, selon l’INSEE.

L’écart représente donc 12 années de cotisation.

Ces écarts ont des conséquences non négligeables sur inégalités entre les hommes et les femmes à la retraite car le système de retraite privilégie des carrières complètes. Une durée de cotisation raccourcie provoque une réduction plus que proportionnelle de la pension de retraite.

Ainsi, si l’on allonge la durée de cotisation, ne risque-t-on pas en même temps d’accroître ces inégalités et d’augmenter le nombre de femmes ne percevant que le minimum retraite ? Les femmes ne seront-elles pas contraintes de travailler à des âges plus avancés que les hommes pour d’approcher d’une carrière complète ? En même temps est-il possible de maintenir l’âge de la retraite à 60 ans, alors que la question porte également sur le financement des retraites et l’augmentation de la part de la population dépendante ?


Café économique : le graph du jour…

mars 16, 2007

Les graphiques du jour portent sur les inégalités de pauvreté entre les hommes et les femmes. Ca m’amène à créer une nouvelle rubrique : inégalités de genre.

Les deux premiers graphiques portent sur les seuils de pauvreté. Le « taux de pauvreté » est mesuré par le rapport entre le nombre de pauvres et la population de la classe d’âge correspondante.

Un individu est considéré comme pauvre lorsqu’il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au « seuil de pauvreté ». Pour l’INSEE, ce seuil de pauvreté est fixé à 50 % en dessous du niveau de vie médian alors que pour Eurostat, il est fixé à 60 % du niveau de vie médian. Le niveau de vie médian est celui pour lequel 50 % de la population a un niveau de vie inférieur et 50 % un niveau de vie supérieur.

Quelles que soient les classes d’âge, il y a plus de femmes pauvres que d’hommes, sauf selon le critère de l’INSEE pour les 55 à 64 ans. Pourquoi y a-t-il plus de femmes pauvres que d’hommes ? Pourquoi l’INSEE retient-il un critère plus strict en terme de pourcentage de pauvres, mais pas forcément en terme d’écart ?

Ainsi, le taux de pauvreté chez les personnes âgées est moins fort que chez les jeunes. Mais les inégalités entre les hommes et les femmes peuvent être plus marqués. L’inégalité entre les hommes et les femmes est particulièrement marquée chez les plus de 75 ans. Selon le critère des 60 %, le taux de pauvreté des femmes est 1,3 fois supérieur à celui des hommes, contre 1,9 avec le critère des 50 %.

Afin de compléter les inégalités de revenus chez les personnes âgées, le graphique 3 montre le nombre de trimestres moyens de cotisation selon les genres et le graphique 4, le montant moyen de retraite globale.

(cliquer sur les graphs pour les agrandir)

Graph 1 : Taux de personnes vivant au dessous du seuil de pauvreté de 60 % (en %)

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Graph 2 : Taux de personnes vivant au dessous du seuil de pauvreté de 50 % (en %)

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Graph 3 : Nombre moyen de trimestre de cotisation par genre

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Graph 4 : Montant moyen de la retraite globale (en euros)

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Notes : Les données utilisées pour construire les graphiques proviennent de l’INSEE. Pour les graphiques 3 et 4, les données ne tiennent compte que des personnes percevant leur propre retraite (les retraités ne percevant qu’une pension de réversion sont exclus). Pour plus de détails : nombre et taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté selon leur âge et données sur les revenus et les retraites.